Le Perray en Yvelines >> Paris Montparnasse

CATMAT (07.07.08)

Herbes folles Train de banlieue

Les rails du chemin de fer ont une chevelure d’herbes folles,
Crinière de lion qui s’affole au train qui passe ; la terre est grasse.

Un pont de béton relie l’usine aux immeubles d’en face,
Cité fissurée surgie d’entre les arbres ; la ville est proche.
Trappes, patrie des trains partie de rien ne va nulle part.
Dans l’essaim certain s’agitent et donne un sens à leurs tumultes.
D’autres s’assoupissent le dos rond pour faire face à la crasse de leur vie.
Tape dans le nid de la fourmilière qui prend l’eau de toute part !
Tape et frappe les gars qui ne vont nulle part !

Les arbres enfin.
Qui peuplent Saint Cyr suaire des fantômes armés ;
Coussin douillé de soie, c’est Versailles
Où l’humanité se faisande étouffée.

Les rails du chemin de fer ont des bras de couleurs
Le long des murs aux signatures laissant trace
D’une envie de sortir de l’obscurité commune.

Le bec d’acier d’une grue démesurée
Pique le ciel comme un appel à l’infini.
Déchirure des nuages, le soleil ébloui ma page :
Arbres, petits immeubles et pavillons de Chaville ;
Rien à dire.
Ah si, la belle est jaune.
Une fille abeille à la peau noire,
Implants d’or et froufrou de volants,
Caleçon foncé : va, cours et butine !

Dans le wagon, deux femmes se racontent :
Les mains s’envolent, les mains se touchent ;
Bzzz Bzzz font les mouches.

Hangars tristes de Clamart, la rouille coulée, le temps posé.
Le train ne s’arrête plus jusqu’à Paris, le temps est compté.

HLM exposés barreaux aux fenêtres
Et tours vitrées bien insonorisées
Marquent l’entrée de la grande cité.
Les taggeurs d’ici sont plus riches.
Couleurs vives et claires sur l’entrée
de la gare,
Le train s’arrête,
Je m’égare.

 


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