J'entends

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(Novembre 90)
 
J'entends
La mort qui rôde sur les
Corps marqués, décharnés;
Si vivants, enfin, au
Seuil de leur néant.
J'entends
La voix qui leur promet
Bientôt sûrement, demain
Peut-être, juste le temps de 
S'affaisser un peu plus.
J'entends
La chaleur de ton souffle
Tranquille, mon amour.
J'entends
L'appel étonné des
Enfants qui ont faim dans
Le bruit de ces guerres
-Suicides dérisoires-
J'entends
Un pays étranger
A lui-même, qui ne voit
Pas encore que c'est son
Coeur qu'il assassine.
J'entends
Ton pas qui s'en revient
Chaque soir, mon amour.
J'entends
Un homme à genoux
Et qui ne le sait pas,
Sans même plus de dégoût
Plus d'envie, que l'oubli.
J'entends
Comme un grincement
Une fissure dans son
Indifférence: un poing
Seul, levé vers le ciel
J'entends
Ton coeur battre et rebattre
Régulier, mon amour.
J'entends
La plainte de celle
Qui accouche, ventre ouvert
Pour celui qui s'en va:
Un être pour survivre.
J'entends
Le crissement des ongles sur
Les draps et les doigts qui 
Se tendent pour tenir le
Pari qu'elle s'est donnée.
J'écoute
Mais je n'entends jamais
Le cri que tu retiens,
Etranglé, mon amour.
...
Ecoute,
Je te prête ma voix
...

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